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Rencontre avec une artiste intervenante.

Estelle Torras

       1) Avant de commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, Estelle TORRAS, 27 ans, originaire de Perpignan, danseuse et professeur de danse. J’ai effectué ma formation de danseuse au Conservatoire à Rayonnement Régional de Perpignan en danse classique et contemporaine dès mon plus jeune âge. A l’adolescence et au fil des années et des rencontres, mon intérêt s’est tourné vers la danse jazz, danse animale, rythmique, énergique. C’est ainsi que je me spécialise et que j’obtiens en 2018 mon diplôme d’état de professeur de danse. J’enseigne dans plusieurs associations autour de Perpignan et j’interviens avec grand plaisir au sein de la Ligue de l’enseignement pour les ateliers danse.

Je développe en parallèle des projets interdisciplinaires comme artiste chorégraphique.

 

2) Vous intervenez sur plusieurs dispositifs, un petit mot sur chacun ?

Ce que j’aime, en tant qu’intervenante danse pour la Ligue, c’est d’emmener la danse au sein des écoles. Certains élèves n’auraient jamais franchi la porte d’une association ou d’une école de danse par ignorance parfois, par manque de moyens, et ils se révèlent dans mes ateliers.

J’aime également la diversité des publics et des projets. Intervenir avec des maternelles, des primaires ou encore des collégiens ULIS n’est pas du tout la même chose. Certes, cela reste une introduction à la danse, mais il faut adapter son discours, sa pédagogie selon les publics et c’est ce qui me plaît beaucoup dans ce métier.

Je suis intervenante danse dans plusieurs dispositifs. Le premier me venant à l’esprit est celui du PDEAC (Plan Départemental d'Éducation Artistique et Culturelle), qui consiste en 16 heures d’intervention au sein du collège Saint Exupéry à Perpignan. Cela fait 2 ans que je travaille en collaboration avec le personnel enseignant au sein d’une classe ULIS. C’est un public que j’apprécie car tout en étant des collégiens, adolescents et pour la plupart en difficulté motrice, ils apprécient de venir et donnent le meilleur durant les ateliers danse. Je pense que ça leur fait du bien, surtout dans ce contexte sanitaire.

Le deuxième dispositif, c’est le dispositif « Enfant Acteur / Enfant Spectateur ». Il me semble très intéressant que les enfants puissent avoir une introduction à la danse pendant 16 h avec un intervenant , toucher du doigt ce qu’est la pratique de la danse, et qu’ils puissent aller voir par la suite une œuvre chorégraphique proposée par la Ligue. C’est une bonne initiative que de donner accès à la culture et au spectacle vivant dès le plus jeune âge et ce dans le cadre scolaire. Cela permet d’ouvrir les esprits.

 

3) Comment se déroulent vos interventions durant cette crise sanitaire ?

Mes interventions continuent à se dérouler de manière assez fluide malgré la situation sanitaire. Hormis lors du confinement du printemps dernier, lorsque les écoles ont été fermées et que le pays était quasi à l’arrêt, je n’ai jamais cessé de me battre en association avec la ligue et les personnels enseignants pour continuer de délivrer mes interventions dans les écoles. J’ai d’ailleurs tenu à rattraper toutes les heures en juin dernier, en faisant les cours à l’extérieur et respectant les gestes barrières, dans la cour ou sur la pelouse des stades selon les projets.

Et c’est ce que je continue de faire actuellement. Je travaille sur un projet Enfant Acteur/Enfant Spectateur à l’école Hélène Boucher à Perpignan. Nous faisons les ateliers danse sous le préau. Certes, cette situation est moins confortable que d’être dans une salle pour les passages au sol, pour l’attention des élèves, mais je préfère ça plutôt que d’arrêter complétement… tout le monde s’adapte... Le maître mot de cette drôle de période : l’adaptation.

 

4) Comment réagissez-vous face à la situation, comment ça s’est passé pour vous depuis le début du Covid ?

La situation commence à durer. Cela va faire bientôt 1 an que nous vivons au rythme des confinements et déconfinements et comme la majorité de la population, je commence à être fatiguée de cette situation. Avec l’arrivée des différents vaccins, j’ose espérer un retour à la normale d’ici le printemps à l’été prochain. La consommation d’activités culturelle me manque cruellement : aller au théâtre, écouter un concert, aller voir une expo… Ces activités faisaient partie de mon quotidien avant la covid19, et cela fait maintenant 1 an que nous en sommes privées… Il me tarde vraiment la réouverture. Quant à mon cas personnel, mon emploi du temps en association s’est vu considérablement réduit, nous avons fait face à une perte d’adhérents assez conséquente. Aujourd’hui encore, nous ne savons pas si nous allons pouvoir présenter un spectacle de fin d’année aux familles, chose que nous faisons habituellement dans un théâtre réservé pour l’occasion. C’est difficile d’avancer sans projection. Il me tarde de retrouver la joie d’aller travailler sans craindre à nouveau de refermer. Cependant, car il faut aussi souligner le positif, j’ai eu la chance de bénéficier des aides de l’Etat (Fonds de solidarité) qui ont compensé mes pertes d’activité.

 

Interview de Céline Eber-Rico

Parution : 11/03/2021

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