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L'EMPIRE DE LA PERFECTION à l'Institut Jean Vigo de Perpignan

L'EMPIRE DE LA PERFECTION à l'Institut Jean Vigo de Perpignan

Jeudi 18 octobre 2018 à 19h30

Institut Jean Vigo Perpignan
L'EMPIRE DE LA PERFECTION

Julien Faraut , 2018, France, 94min, Couleur et Noir & Blanc

Proposé et présenté par Guy-Claude MARIE

[à partir d'archives de l'INSEP qui participe à la co-production du film -Institut National du Sport de l'Expertise et de la Performance (anciennement Sport et Éducation Physique)-Ministère de la Jeunesse et des Sports]


« Le cinéma ment, pas le sport » dit Jean-Luc Godard dans L’Équipe.
Le tennis, en recréant – peut-être même davantage que le cinéma – sa temporalité et son montage est un art dramaturgique, dit en substance Serge Daney dans Libération.
Au début des années 80, le tennisman John McEnroe est copié dans toutes les écoles, étudié sous toutes les coutures, filmé sous tous les angles.
A Roland Garros en 1984 : il a tutoyé la perfection, et pourtant...

Ce portrait de John Mac Enroe aborde l'univers du tennis par un angle méconnu :le film d'instruction, qui fait "bel et bien partie de l'histoire du cinéma" comme le précise Mathieu Amalric en voix-off.
Gil de Kermadec
, directeur national technique du tennis pendant des décennies, lui a donné ses lettres de noblesse.
À ce pionnier, Julien Faraut emprunte des images mais aussi un glissement thématique : parti d’une recherche de gestes suffisamment génériques pour être élevés en méthode dans ses films didactiques, Kermadec fait le choix en 1977 de se tourner vers des portraits de joueurs. Dès lors, c’est la singularité du geste qui compte. C’est à cette époque que le critique de cinéma Serge Daney écrit ses textes les plus brillants sur le tennis et que McEnroe émerge sur la scène mondiale. En montant de passionnants rushes 16 mm filmés au tournoi de Roland-Garros, Julien Faraut triture le documentaire. « C’est l’avantage de la terre battue, écrivait Daney : elle crée de la fiction. » McEnroe, connu pour ses colères, étonne par sa capacité à continuer à penser stratégiquement lors d’une partie. À pas feutrés, c’est une enquête sur le perfectionnisme qui s’esquisse – son enfer (« l’empire » au sens d’emprise), la lutte avec soi-même qu’il impose et la dramaturgie complexe qu’il instaure. 

 

Parution : 12/10/2018

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